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• Cuba continue d’organiser les Festivals
La Huella de España • L’UNESCO rend hommage à
l’illustre danseuse • Prix National aux trois
joyaux du Ballet national
PAR MIREYA
CASTAÑEDA, de Granma
international
LA
danseuse étoile Alicia Alonso a présené le
Festival 2003 La Huella de España
(L’empreinte de l’Espagne) avec une pointe
d’humour: «Nous fêtons ses 15 ans, et à cet âge
on croit tout savoir et on ne sait rien, on
profite de tout, et c’est ce que je
fais».
La
présidente d’honneur de la rencontre (27 avril-4
mai), qui revitalise depuis leurs débuts les
racines espagnoles et les liens solides qui
unissent les deux peuples, a indiqué que Cuba est
le seul pays d’Amérique latine qui depuis organise
ce Festival depuis trois lustres.
Durant la
conférence de presse donnée par la directrice du
BNC à l’hôtel Novotel, on a appris que
l’Espagne, au travers de l’Institut de coopération
ibéro-américaine et de son Centre culturel à La
Havane, a retiré son parrainage de la
rencontre.
«Je ne
comprends pas —a répondu Alicia. Je pense
qu’ils ont eu beaucoup de dépenses avec la guerre,
mais cela n’a pas beaucoup d’effet sur nous parce
que l’empreinte, nous la portons en nous. Nous
avons une grande richesse
intérieure.»
«À
certains moments —a-t-elle ajouté— quelques
hommes ne peuvent pas nous enlever ce que nous
portons en nous.» Et à propos du Festival elle
a dit: «Nous irons de l’avant».
Interrogée
sur les effets négatifs que pourrait avoir la
décision espagnole pour les relations culturelles
bilatérales, la grande représentante de la danse
universelle a expliqué que pour le moment elle
«continue de faire son travail», en
particulier à l’Institut Alicia Alonso de
la Danse, qu’elle préside à Madrid. «C’es le
premier Institut de danse créé en Espagne. Nous
sommes fiers d’avoir pu fonder cette institution,
car nous sentons que nous avons fait quelque chose
pour le peuple espagnol, si proche de
nous.»
À propos
d’empreintes profondes, Alicia Alonso a rappelé
que l’un de ses ancêtres paternels, Don Fernando
de la Maza y Arredondo, conquit une partie de la
Floride pour la couronne espagnole, et qu’en
paiements de ses services celle-ci lui attribua
une partie de ces terres. «Il coule beaucoup de
sang espagnol dans nos veines.»
Répondant
à une autre question de caractère international, à
savoir si le fait qu’elle ait signé avec d’autres
grands intellectuels et artistes cubains un
document à l’intention d’amis d’autres parties du
monde désinformés à propos des derniers événements
survenus dans l’île ne lui porterait pas
préjudice, elle a été catégorique: «Je crois en
les peuples, je crois en le peuple nord-américain,
je le connais et je l’aime. Cela ne nous portera
pas tort. Ce n’est pas une attaque contre le
peuple nord-américain, c’est un document en
défense du peuple nord-américain et du monde, il
est temps que le monde se
réveille.»
Alicia,
rappelant apparemment que les États-Unis ont
finalement reconnu l’Italien Antonio Meucci comme
l’inventeur du téléphone, et que «nous nous en
souvenons tous les jours dans notre petit
monde», elle a ajouté: «Lorsqu’il y
a un écho, une vague, ils font le tour du
monde».
L’UNESCO a
rendu hommage à Alicia Alonso en lui dédiant la
Journée mondiale de la Danse, le 29 avril, date
anniversaire de la naissance du Français Noverre,
l’homme qui a ouvert une nouvelle étape au Ballet,
et l’inoubliable Giselle a avoué à ce
propos n’avoir jamais pensé dire avec des mots ce
que cela représente pour elle: «Je ne vois
jamais des lettres, mais des sentiments, des
émotions, et ce ne sont pas des mots creux quand
je dis que ce n’est pas à moi qu’ils rendent
hommage, c’est à ma lutte pour la danse, venant
d’un petit pays qui a tant souffert et qui a donné
naissance à la benjamine de la maison, qui est
devenue femme» (une belle référence à l’école
cubaine de ballet, la seule née au XXe
siècle).
Elle a
rappelé que la Journée mondiale de la Danse sera
commémorée à la salle Garcia Lorca du
Grand Théâtre de La Havane avec un autre
événement émouvant, la remise du Prix national de
la Danse à «quatre de nos figures de renom
national et international, Josephina
(Mendez), Mirta (Pla), Aurora
(Bosch) et Loipa (Araujo)».
Puis la
directrice du Ballet national de Cuba a indiqué
que les deux événements, organisés l’un à Paris,
l’autre à La Havane, sont pour elle «l’exemple
de ce que devrait être le monde, un exemple
d’unité et de culture».
Lors des
14 éditions précédentes du Festival La Huella
de España, on a vu le meilleur de ce que Cuba
peut montrer de l’empreinte espagnole, et des
manifestations artistiques venues des différentes
régions autonomes et communautés d’Espagne. Un
vaste programme a été prévu pour cette 15e
rencontre, et notre interlocutrice s’est dite
convaincue que «pour La Huella commence
une vie nouvelle et encore plus
riche».
Parmi les
moments clés du Festival figurera l’exposition des
oeuvres de Joaquin Sorolla (Valence 1863-1923),
l’un des trésors du Musée national des Beaux-Arts,
et une performance qui portera sur le luminisme du
maître.
Le public
poura assister aux prestations du Ballet national,
du Ballet espagnol, de l’Ensemble folklorique
national et de la Compagnie flamenca Ecos
ainsi qu’à des chorales enfantines et des
spectacles de théâtre dramatique et lyrique, à un
cycle de cinéma espagnol et à l’exposition
Paysajes Imaginarios, de la Catalane
Cristina Fonollosa.
Un
festival de 15 ans, une empreinte de cinq
siècles.
(Granma) 28 avril
2003
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