é en 1938, M.Vincent Echavé a connu les premières années de la révolution cubaine de 1959. « La meilleure époque, la période romantique », dit-il. Son père digérant mal les changements brusques qui accompagnent toute révolution, il l’a suivi en Espagne. Et c’est à Madrid qu’il a fait ses études en médecine. Il arrive ensuite à Montréal en 1969 pour y poursuivre sa formation spé- cialisée en chirurgie générale, vasculaire et thoracique à l’Université McGill, puis aux États-Unis, en Suisse, en Allemagne. Le choix du Québec s’est imposé de lui- même. « Mon grand-père avait envoyé mon père étudier la langue française à Longueuil. C’est là qu’il a fait la connaissance du frère Marie-Victorin, l’auteur de l’incontournable livre sur la flore laurentienne. « Mon père l’a même accompagné dans ses études sur la connaissance de la flore des Antilles. J’ai entendu parler abondamment du Québec et j’ai décidé d’y ve- nir parce que la formation était en langue française », explique-t-il.
« J’ai toujours vu le Québec comme une transition entre l’Europe et les États-Unis. C’est la synthèse des deux mondes, ob- serve-t-il. Arrivé en 1969, j’ai été à même d’apercevoir les nombreux changements linguistiques et sociaux qu’a vécus le Québec. Comparé à 1969, aujourd’hui, c’est complètement un autre monde », remarque également le docteur Echavé.
En 1979, il s’installe à Sherbrooke pour se consacrer à l’enseignement de la chirurgie à la Faculté de médecine de l’université et devenir également chirurgien général, vasculaire et thoracique au Centre hospitalier de l’université.
Très impliqué dans l’enseignement pré et postdoctoral en chirurgie, il estime son travail important. « J’ai monté le programme de formation postdoctorale. Au cours des 20 dernières années, nous avons formé de nombreux chirurgiens. C’est important, la population vieillit. Ces chirurgiens, on les retrouve aussi en région. Ça compte », selon Vincent Echavé.
Philosophe et plaidant pour le développement des régions, il confie : « J’ai fait beaucoup de choses à partir de Sherbrooke. Ce n’est pas où l’on est qui compte, c’est qui on est. »
Véritable bourreau de travail, le professeur Vincent Echavé joindra aussi les rangs des Médecins sans frontière (MSF), l’organisme fondé par le Français Bernard Kouchner il y a une trentaine d’années. Son engagement auprès de MSF lui provient de ses années cubaines. À côtoyer la misère et à observer les inégalités entre les riches et les pauvres, M. Echavé, comme plusieurs autres, a aussi salué la révolution cubaine. « Une révolution tropicale, avec des réformes sociales en éducation, en santé, avec de la musique, du soleil, des sourires, à visage humain », commente-t- il.
M. Echavé a choisi MSF parce que l’organisme témoigne des horreurs de la guerre dans l’espoir de changer les choses. Il s’est rendu en mission au Rwanda, au Sri Lanka, au Sierra Leone, etc.
Quand nous l’avons quitté, M. Echavé se préparait à prononcer une conférence à Montréal, à participer à un congrès, etc. Le docteur Vincent Echavé permet certainement au Québec de rayonner à l’étranger.
Une suggestion : il me semble que ce serait une bonne idée de l’inviter dans une des instances de la CSN pour nous entretenir de ses missions pour MSF. Non ?
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