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 66% des postes professionnels et techniques sont occupés par des femmes

• Le ministre du Travail de l’île résume pour GI les problèmes et les réussites concernant l’emploi

SACHANT que la perfection est un objectif et un défi difficiles à atteindre, le ministre du Travail et de la Sécurité sociale (MTSS) et d’autres organismes importants, ont demandé la convocation urgente d’un Atelier national de l’emploi pour régler des problèmes en attente et des tâches inachevées. Une expérience qui devrait se renouveler par la suite tous les ans comme un mécanisme de perfectionnement continu.


Los sectores de la investigación científica y
la salud tienen una fuerte presencia femenina.


 

Se méfiant des triomphalismes et toujours prudent devant l’exagération des définitions techniques de l’emploi, Granma international a demandé à rencontrer le ministre, Alfredo Morales.

«Nous affirmons que le taux de chômage de 2,3% atteint l’année dernière constitue pour le pays une situation de plein emploi. Mais nous ne nous contentons pas de cela. Nous reconnaissons que ce n’est pas le fruit du hasard mais celui d’une direction de travail, d’une volonté politique», a souligné Morales. «Nous sommes toujours guidés par la pensée de Fidel selon laquelle l’homme n’est jamais de trop dans le socialisme».

Pour lui, «l’emploi ne peut pas être imposé "à tout prix" car le travail et son résultat impliquent un apport social, où la personne concernée doit aussi recevoir un bénéfice du point de vue d’une rémunération économique honorable». Il s’agit, selon le ministre, d’envisager le travail comme «un dépassement, un défi et une occasion d’être utile». Mais malgré l’avancée que constitue le plein emploi socialiste (ce qui implique que tout le monde doit, en principe, être appelé à être utile), la réalité sociale a mis le doigt sur la plaie pour nous indiquer que le sujet n’était pas encore épuisé, loin de là.

«Il existe encore des personnes dans la société qui peuvent être utiles mais qui continuent à rester en dehors. Dans le cas cubain, il y a encore des imperfections, nous avons par exemple des réglementations en vigueur qui tendent à une certaine exclusion, des domaines où des règles, des exigences ont été établies qui ne permettent pas à des personnes s’étant déjà acquittées de fautes sociales d’accéder à certains postes de travail», a expliqué le ministre, avant de donner des précisions sur la caducité de ces règles.

«Ces règles vont maintenant être supprimées mais nous voulons qu’elles disparaissent avant tout de l’esprit, c’est-à-dire qu’il y ait un changement de perception. Si la personne a déjà payé pour son délit, il faut faciliter son intégration sociale, familiale, productive et ne pas la laisser en situation de récidive».

LE HANDICAP NE PEUT PAS ÊTRE UN OBSTACLE

Comprendre que les 51 000 élèves des écoles spéciales (428 en tout) pour enfants et jeunes handicapés méritent d’accéder à un emploi, une fois leurs études terminées, comme toute la population, correspond à l’idéal éthique et moral de la Révolution.

La distorsion du principe apparaît en pratique quand ces derniers doivent s’insérer dans la l’appareil productif. Les difficultés peuvent surgir d’une insuffisance dans le développement des compétences professionnelles de ces personnes mais aussi du manque de soutien des familles, d’une coopération insuffisante entre l’organisme employeur et le centre d’enseignement qui les ont formées.

Par exemple, les sourds et les malentendants ont parfois du mal à s’intégrer dans les groupes de travail à cause du manque d’interprètes ou de personnes ayant quelques connaissances du langage des signes. La coordination et une divulgation spécifique pour les organismes qui reçoivent les handicapés devront être un instrument indispensable.

«À partir d’une réglementation qui établit les conditions de travail des handicapés, la situation devrait se renverser favorablement», a souligné le ministre. À cela contribuera considérablement une nouvelle stratégie pour renforcer leur formation professionnelle et leur rémunération salariale, y compris le paiement aux familles qui en ont la charge. De plus, le développement des centres de formation de travail social et une meilleure attention aux ateliers spécialisés permettront une participation progressive de ce secteur. Les expériences se multiplient avec le soutien des ministères de la Santé publique, de l’Education et le propre MTSS.

LES FEMMES ET LES JEUNES SONT UNE PRIORITÉ PERMANENTE

Pour Alfredo Morales, la participation féminine au travail représente l’identification sociale d’un pays. Les multiples conquêtes obtenues par la femme à Cuba sont bien connues. Sa participation élevée dans les domaines de l’éducation et de la santé et son rôle prépondérant parmi les professionnels et les techniciens (66% de cette force est féminine) ne laissent pas l’ombre d’un doute quant à leur émancipation.

D’un autre côté, et même si à Cuba personne n’est obligé de travailler (la liberté de choix est respectée, les personnes travaillent si elles le désirent), un pourcentage de jeunes femmes, une fois leurs études secondaires terminées, ne se sentent ni attirées ni encouragés à travailler ou à se perfectionner. «Tous ces phénomènes qui relèguent le rôle de la femme, qui lui enlèvent son utilité potentielle, a constaté le ministre, ne peuvent pas être passés sous silence sans qu’une solution appropriée soit apportée. Les ignorer serait méconnaître le caractère humaniste du socialisme cubain, qui a fait de l’émancipation féminine une révolution dans la Révolution ».

Quant à l’emploi des jeunes, le MTSS admet qu’il peut y avoir des dysfonctionnements dans quelque établissement scolaire ou dans la famille. «Parfois les conditions encouragent la sortie du système de certains jeunes. À cause du niveau des revenus de leur foyer qui ne les contraint pas à travailler. Ceux aussi qui ont eu une orientation professionnelle déficiente ou qui n’ont pas été assez soutenus. Et c’est vrai que certains se sont détachés de l’étude et du travail», a signalé Morales.

Mais accabler seulement les jeunes filles et les jeunes gens serait une grave erreur. «Il y a eu, a constaté le ministre, des déficiences de la part des administrations qui n’ont pas réussi à intégrer convenablement les diplômés des centres de l’enseignement technique. Des jeunes se sont alors sentis frustrés et sont sortis du circuit du travail».

Parmi les projets, prenant en compte ces circonstances, le concept de Plus de maillons perdus marquera la marche à suivre. Cela veut dire, essentiellement, qu’aussi bien le MTSS, le ministère de l’Éducation, les organisations politiques et de masse que les gouvernements locaux devront perfectionner leurs mécanismes d’intégration du travail des diplômés techniciens, des universitaires ou de ceux qui ont terminé leur service militaire actif, pour que les jeunes qui ont été formés ne restent pas sans emploi. On allongera la période scolaire et on renforcera de même le contrôle des postes vacants destinés aux jeunes diplômés afin de renverser la tendance actuelle à privilégier parfois d’autres personnes.

Pour illustrer les réussites des dernières années, il suffit de mettre bout à bout les fameux plans sociaux qui ont permis d’embaucher 47 104 jeunes.

QU’EN EST-IL DES MÉTIERS ?

Une idée assez répandue dans les conversations habituelles est le sentiment croissant d’un manque de métiers importants pour le déroulement «normal» de la vie.

Où sont les plombiers, les menuisiers, les cordonniers? C’est là est une question presque sans réponse. Certains émettent les hypothèses les plus diverses. L’envie d’étudier, la haute valeur des professions intellectuelles, la fuite du travail ou une certaine vie facile (paternalisme ou surprotection sociale) nous priveront-ils de ces travaux indispensables ?

Morales approfondit le phénomène. «Les gens changent trop souvent d’emploi, du fait qu’ils peuvent choisir de meilleures offres, surtout dans les villes, principalement dans la capitale du pays. C’est la raison pour laquelle il y a encore des postes non occupés. Nous avons des offres d’emploi dans la construction, l’agriculture, dans le secteur économique, dans la vérification comptable. Nous avons aussi un nombre d’emplois insuffisants dans le domaine de la santé

Il n’est pas facile, par exemple, de faire réparer une porte ou d’empêcher une fuite d’eau et le ministre du MTTS nous a assuré que des dispositions institutionnelles résoudraient peu à peu ces carences.

«Même s’il s’agit d’un objectif à long terme, on travaille dans ce sens en encourageant par différents moyens la formation de personnes pour ce genre d’emplois. Nous n’agissons pas comme les autres pays qui emploient des émigrés pour ces professions peu attirantes. Et malgré le fait que différents facteurs interviennent, nous ne restons pas les bras croisés. Le mécanisme du perfectionnement de l’éducation est lié étroitement à ce thème. Ces défauts doivent être corrigés depuis la propre école primaire.» 

ÉTUDE COMME TRAVAIL, UN CONCEPT ALTRUISTE

En 1973 lors d’un Congrès de la Centrale des travailleurs de Cuba, Fidel avait déjà souligné l’importance de maintenir une formation continue, bénéfique pour ceux qui sont directement concernés car elle élargit leur horizon, et pour la Révolution car elle peut compter sur des êtres humains mieux formés.

«L’essence de notre système est de ne pas mettre d’obstacles aux études. Pour cela, concevoir que le conducteur d’une moissonneuse de canne soit ingénieur mécanicien n’est en rien saugrenu, au contraire, nous encourageons toujours cela.»

En ce qui concerne les inconvénients qui pourraient surgir d’une obligation d’étudier pour accéder à un emploi différent, dans ce cas comme ingénieur et non comme coupeur de canne, le ministre du Travail et de la Sécurité sociale répond que ces cas ne sont pas isolés, et même relativement fréquents.

«À Cuba, la formation des personnes est assimilée à un investissement parce que ces personnes deviendront plus performantes quel que soit leur travail. Notre optique n’est pas d’utiliser les personnes à des fins utilitaires». L’erreur serait, a t-il déclaré, de les inciter à devenir ingénieurs avec l’engagement postérieur d’occuper ces postes.

Il s’agit d’«étudier librement pour accroître les connaissances sans contrepartie salariale. On encourage l’étude pour développer le talent, ce qui aura des retombées sur le bien-être des communautés et de nos familles, sur la productivité, l’efficacité et sur le développement en général du pays».

«Il est important de souligner que la formation, le développement du capital humain ne peuvent s’apprécier structurellement en rapport avec les fonctions futures mais que nous offrons de meilleures possibilités d’accès des personnes mieux qualifiées et mieux formées», a t-il déclaré.

La création de cours de formation continue a prouvé aussi son utilité car elle a permis à 171 851 jeunes filles et jeunes gens de se former grâce au nouveau concept, Études comme travail. Et l’Université qui est depuis un maillon municipal rénové (il existe 198 sièges dans tout le pays), a ouvert ses portes à tous sans exception.

Cuba n’est ni ne peut être une société qui exclut.
 

(Granma) La Havane. 4 novembre 2004


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