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• Le ministre du Travail de
l’île résume pour GI les problèmes et les réussites
concernant l’emploi
SACHANT que la perfection est un objectif et un
défi difficiles à atteindre, le ministre du Travail et
de la Sécurité sociale (MTSS) et d’autres organismes
importants, ont demandé la convocation urgente d’un
Atelier national de l’emploi pour régler des problèmes
en attente et des tâches inachevées. Une expérience qui
devrait se renouveler par la suite tous les ans comme un
mécanisme de perfectionnement continu.
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Los sectores de la investigación
científica y la salud tienen una fuerte
presencia
femenina.
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Se
méfiant des triomphalismes et toujours prudent devant
l’exagération des définitions techniques de l’emploi,
Granma international a demandé à rencontrer le
ministre, Alfredo Morales.
«Nous affirmons que le taux de chômage de
2,3% atteint l’année dernière constitue pour le pays une
situation de plein emploi. Mais nous ne nous contentons
pas de cela. Nous reconnaissons que ce n’est pas le
fruit du hasard mais celui d’une direction de travail,
d’une volonté politique», a souligné Morales.
«Nous sommes toujours guidés par la pensée de Fidel
selon laquelle l’homme n’est jamais de trop dans le
socialisme».
Pour
lui, «l’emploi ne peut pas être imposé "à tout prix"
car le travail et son résultat impliquent un apport
social, où la personne concernée doit aussi recevoir un
bénéfice du point de vue d’une rémunération économique
honorable». Il s’agit, selon le ministre,
d’envisager le travail comme «un dépassement, un défi
et une occasion d’être utile». Mais malgré l’avancée
que constitue le plein emploi socialiste (ce qui
implique que tout le monde doit, en principe, être
appelé à être utile), la réalité sociale a mis le doigt
sur la plaie pour nous indiquer que le sujet n’était pas
encore épuisé, loin de là.
«Il existe encore des personnes dans la
société qui peuvent être utiles mais qui continuent à
rester en dehors. Dans le cas cubain, il y a encore des
imperfections, nous avons par exemple des
réglementations en vigueur qui tendent à une certaine
exclusion, des domaines où des règles, des exigences ont
été établies qui ne permettent pas à des personnes
s’étant déjà acquittées de fautes sociales d’accéder à
certains postes de travail», a expliqué le ministre,
avant de donner des précisions sur la caducité de ces
règles.
«Ces règles vont maintenant être supprimées
mais nous voulons qu’elles disparaissent avant tout de
l’esprit, c’est-à-dire qu’il y ait un changement de
perception. Si la personne a déjà payé pour son délit,
il faut faciliter son intégration sociale, familiale,
productive et ne pas la laisser en situation de
récidive».
LE HANDICAP NE PEUT PAS
ÊTRE UN OBSTACLE
Comprendre que les 51 000 élèves des écoles
spéciales (428 en tout) pour enfants et jeunes
handicapés méritent d’accéder à un emploi, une fois
leurs études terminées, comme toute la population,
correspond à l’idéal éthique et moral de la
Révolution.
La
distorsion du principe apparaît en pratique quand ces
derniers doivent s’insérer dans la l’appareil productif.
Les difficultés peuvent surgir d’une insuffisance dans
le développement des compétences professionnelles de ces
personnes mais aussi du manque de soutien des familles,
d’une coopération insuffisante entre l’organisme
employeur et le centre d’enseignement qui les ont
formées.
Par
exemple, les sourds et les malentendants ont parfois du
mal à s’intégrer dans les groupes de travail à cause du
manque d’interprètes ou de personnes ayant quelques
connaissances du langage des signes. La coordination et
une divulgation spécifique pour les organismes qui
reçoivent les handicapés devront être un instrument
indispensable.
«À partir d’une réglementation qui établit
les conditions de travail des handicapés, la situation
devrait se renverser favorablement», a souligné le
ministre. À cela contribuera considérablement une
nouvelle stratégie pour renforcer leur formation
professionnelle et leur rémunération salariale, y
compris le paiement aux familles qui en ont la charge.
De plus, le développement des centres de formation de
travail social et une meilleure attention aux ateliers
spécialisés permettront une participation progressive de
ce secteur. Les expériences se multiplient avec le
soutien des ministères de la Santé publique, de
l’Education et le propre MTSS.
LES FEMMES ET LES JEUNES
SONT UNE PRIORITÉ PERMANENTE
Pour
Alfredo Morales, la participation féminine au travail
représente l’identification sociale d’un pays. Les
multiples conquêtes obtenues par la femme à Cuba sont
bien connues. Sa participation élevée dans les domaines
de l’éducation et de la santé et son rôle prépondérant
parmi les professionnels et les techniciens (66% de
cette force est féminine) ne laissent pas l’ombre d’un
doute quant à leur émancipation.
D’un
autre côté, et même si à Cuba personne n’est obligé de
travailler (la liberté de choix est respectée, les
personnes travaillent si elles le désirent), un
pourcentage de jeunes femmes, une fois leurs études
secondaires terminées, ne se sentent ni attirées ni
encouragés à travailler ou à se perfectionner. «Tous
ces phénomènes qui relèguent le rôle de la femme, qui
lui enlèvent son utilité potentielle, a constaté le
ministre, ne peuvent pas être passés sous silence
sans qu’une solution appropriée soit apportée. Les
ignorer serait méconnaître le caractère humaniste du
socialisme cubain, qui a fait de l’émancipation féminine
une révolution dans la
Révolution ».
Quant à l’emploi des jeunes, le MTSS admet qu’il
peut y avoir des dysfonctionnements dans quelque
établissement scolaire ou dans la famille. «Parfois
les conditions encouragent la sortie du système de
certains jeunes. À cause du niveau des revenus de leur
foyer qui ne les contraint pas à travailler. Ceux aussi
qui ont eu une orientation professionnelle déficiente ou
qui n’ont pas été assez soutenus. Et c’est vrai que
certains se sont détachés de l’étude et du travail»,
a signalé Morales.
Mais
accabler seulement les jeunes filles et les jeunes gens
serait une grave erreur. «Il y a eu, a constaté
le ministre, des déficiences de la part des
administrations qui n’ont pas réussi à intégrer
convenablement les diplômés des centres de
l’enseignement technique. Des jeunes se sont alors
sentis frustrés et sont sortis du circuit du
travail».
Parmi les projets, prenant en compte ces
circonstances, le concept de Plus de maillons
perdus marquera la marche à suivre. Cela veut dire,
essentiellement, qu’aussi bien le MTSS, le ministère de
l’Éducation, les organisations politiques et de masse
que les gouvernements locaux devront perfectionner leurs
mécanismes d’intégration du travail des diplômés
techniciens, des universitaires ou de ceux qui ont
terminé leur service militaire actif, pour que les
jeunes qui ont été formés ne restent pas sans emploi. On
allongera la période scolaire et on renforcera de même
le contrôle des postes vacants destinés aux jeunes
diplômés afin de renverser la tendance actuelle à
privilégier parfois d’autres
personnes.
Pour
illustrer les réussites des dernières années, il suffit
de mettre bout à bout les fameux plans sociaux qui ont
permis d’embaucher 47 104 jeunes.
QU’EN EST-IL DES
MÉTIERS ?
Une
idée assez répandue dans les conversations habituelles
est le sentiment croissant d’un manque de métiers
importants pour le déroulement «normal» de la
vie.
Où
sont les plombiers, les menuisiers, les cordonniers?
C’est là est une question presque sans réponse. Certains
émettent les hypothèses les plus diverses. L’envie
d’étudier, la haute valeur des professions
intellectuelles, la fuite du travail ou une certaine vie
facile (paternalisme ou surprotection sociale) nous
priveront-ils de ces travaux
indispensables ?
Morales approfondit le phénomène. «Les gens
changent trop souvent d’emploi, du fait qu’ils peuvent
choisir de meilleures offres, surtout dans les villes,
principalement dans la capitale du pays. C’est la raison
pour laquelle il y a encore des postes non occupés. Nous
avons des offres d’emploi dans la construction,
l’agriculture, dans le secteur économique, dans la
vérification comptable. Nous avons aussi un nombre
d’emplois insuffisants dans le domaine de la
santé.»
Il
n’est pas facile, par exemple, de faire réparer une
porte ou d’empêcher une fuite d’eau et le ministre du
MTTS nous a assuré que des dispositions
institutionnelles résoudraient peu à peu ces carences.
«Même s’il s’agit d’un objectif à long terme,
on travaille dans ce sens en encourageant par différents
moyens la formation de personnes pour ce genre
d’emplois. Nous n’agissons pas comme les autres pays qui
emploient des émigrés pour ces professions peu
attirantes. Et malgré le fait que différents facteurs
interviennent, nous ne restons pas les bras croisés. Le
mécanisme du perfectionnement de l’éducation est lié
étroitement à ce thème. Ces défauts doivent être
corrigés depuis la propre école
primaire.»
ÉTUDE COMME TRAVAIL, UN CONCEPT
ALTRUISTE
En
1973 lors d’un Congrès de la Centrale des travailleurs
de Cuba, Fidel avait déjà souligné l’importance de
maintenir une formation continue, bénéfique pour ceux
qui sont directement concernés car elle élargit leur
horizon, et pour la Révolution car elle peut compter sur
des êtres humains mieux formés.
«L’essence de notre système est de ne pas
mettre d’obstacles aux études. Pour cela, concevoir que
le conducteur d’une moissonneuse de canne soit ingénieur
mécanicien n’est en rien saugrenu, au contraire, nous
encourageons toujours cela.»
En
ce qui concerne les inconvénients qui pourraient surgir
d’une obligation d’étudier pour accéder à un emploi
différent, dans ce cas comme ingénieur et non comme
coupeur de canne, le ministre du Travail et de la
Sécurité sociale répond que ces cas ne sont pas isolés,
et même relativement fréquents.
«À Cuba, la formation des personnes est
assimilée à un investissement parce que ces personnes
deviendront plus performantes quel que soit leur
travail. Notre optique n’est pas d’utiliser les
personnes à des fins utilitaires». L’erreur serait,
a t-il déclaré, de les inciter à devenir ingénieurs avec
l’engagement postérieur d’occuper ces
postes.
Il
s’agit d’«étudier librement pour accroître les
connaissances sans contrepartie salariale. On encourage
l’étude pour développer le talent, ce qui aura des
retombées sur le bien-être des communautés et de nos
familles, sur la productivité, l’efficacité et sur le
développement en général du pays».
«Il est important de souligner que la
formation, le développement du capital humain ne peuvent
s’apprécier structurellement en rapport avec les
fonctions futures mais que nous offrons de meilleures
possibilités d’accès des personnes mieux qualifiées et
mieux formées», a t-il déclaré.
La
création de cours de formation continue a prouvé aussi
son utilité car elle a permis à 171 851 jeunes filles et
jeunes gens de se former grâce au nouveau concept,
Études comme travail. Et l’Université qui est depuis un
maillon municipal rénové (il existe 198 sièges dans tout
le pays), a ouvert ses portes à tous sans
exception.
Cuba
n’est ni ne peut être une société qui
exclut.
(Granma) La Havane. 4 novembre 2004 |